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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 19:01

Une coulée rouge lui barre le visage et envahit peu à peu l’intégralité de sa face. Ouvre-t-il les yeux ? Renifle-t-il les odeurs de la rue pour qu’enfin ses visages se réunissent ? La faille s’ouvre de plus en plus et laisse apparaître l’intérieur de son corps. Nous y voyons une phrase qui se pense, alors qu’autour les discussions battent leur plein. Il s’apprête à prendre la parole, à s’engager sur le terrain de la parole. Son regard est maintenant enlisé dans le rouge, le rouge de son propre corps.

« Agrégat de chairs protéiforme saigneux »

Il pousse sa langue jusqu’aux lèvres fermées en cherchant la sortie. Dehors, l’explosion couvre des éclats sonores qui tendent à devenir plus bruyants. L’ensemble de son être se retrouve coincé entre la langue et la fermeture de sa bouche. Le monde extérieur essaye de devenir plus immatériel. Les gens rejoignent des paroles écornées et des mots ardents à s’échanger entre soi… Lui, prend la forme ultime d’un corps à la peau retournée. Sa bouche reste fermée : le mécanisme de son cerveau ne réussit plus cette action. L’automatisme est définitivement noyé, isolé par la masse informe de ce reste du monde qui se loge, comme une balle, dans les recoins de son crâne.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 17:34

DSCF2718.jpg

Création pour le festival Kraft 2014

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 01:05

 

Moi MOI Moi

C'est quoi le moi ?

Qu'est ce qu'il y a dedans ?

Qu'est ce que j'y mets ?

 

Dedans ce moi, j'y mets le tout

J'y mets le regard : la soif de regard

La soif d'envie d'y aller voir

 

J'y mets

L'ENVIE :

D'avaler le monde

D'y saisir les géographies du monde

D'y voir parfois ce qui ne se voit pas

D'y comprendre les schémas de la liberté

D'y lutter contre l'obscur

D'y noircir les clartés

 

J'y mets «quoi ?» dans ce moi

Le «jusqu'où ?», le «jusqu'à quand ?»

Le «comment ?» et le «avec qui ?»

 

Mais

D'autre chose arrive dans ce moi

Par le désir ou par la haine

sans que j'intervienne

qui s'échappe aussi de mon moi

 

MON MOI

Un trou

Qui avale et qui recrache

Et plus j'avance

Plus je le creuse

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 17:00

 

Lire les Journaux indiens de Ginsberg c'est lire un livre, pas comme les autres. Sans doute parce que ces journaux n'étaient pas destinés à la publication, ce qui change un certain nombre de points de vue du lecteur.

journaux_indiens.jpg

D'abord d'un point de vue stylistique : Ginsberg utilise un style minimaliste, sur le ton de l'énumération et de la concision, ce qui provoque un sentiment d'insécurité littéraire puisque cette écriture, propre à l'exercice du journal, est réalisée sur le vif et non dans un souci harmonique (mais vive la dysharmonie !). On se sent vite perdu

dans cette profusion de & qui remplace les virgules et les « et », de bouts de phrases parfois interrompues et de réflexions intérieurs propres à un poète.


En effet, en deuxième point, nous avons affaire à un carnet de réflexions sur le travail et la place de la poésie dans la société. Nous entrons ainsi dans l'atelier de création du poète et la place de la poésie dans la société. Ce qui influe directement sur le style de ces journaux puisque l'auteur utilise ceux-ci comme un carnet de croquis, un lieu d'expérimentation de la langue et de l'imaginaire. Le lecteur est en prise direct avec le travail du poète sans le filet de sécurité que peut représenter l'officialisation d'une œuvre publique.


Enfin, nous avons affaire à une expérience humaine, représentant le cheminement même d'une génération nouvelle dans les années 60 : celle du « voyage en Inde ». Ginsberg en précurseur de cette génération décrit à la fois le décalage entre les deux cultures, américaine et indienne, ainsi que la fascination qu'exercent l'Inde et ses rituels sur Ginsberg et Orlovsky (son ami qui fait le voyage avec lui). On peut d'ailleurs leur fascination morbide face aux crémations des corps sur les ghats (Quai du Gange). C'est à un voyage en complet décalage autant sur la forme que sur le fond que nous convie Ginsberg. Cette mise en abîme du voyage et de la lecture pertube le lecteur mais lui permet d'être au plus près de l'expérimentation d'un poète   voyageur

 

Journaux indiens d'Allen Ginsberg (Christian Bourgois éditeur, traduit par Philippe Mikriammos)

tajmahal

Allen Ginsberg au Taj-Mahal

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 03:32

 

Dunaharazsti-Andre-Kertesz.jpg

                                                                           Dunaharaszti de André Kertész (1919)




J'attendais les nuages

Qu'ils arrivent ces paquebots

Flottant pour signaler

Le chaos et le calme

J'attendrais les nuages

Pour mieux voir à travers

Dispersant l'avenir

En grand éclat de rire

 

Je vois les nuages

Sans futur ni passé

Ne dévoilant seulement

Qu'un territoire en plus

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 19:33

ne plus y croire,

voir ailleurs.

encore y boire

dans la loire.

ne plus croire,

voir  l’ailleurs

 

jouer des sentiments

ce dessin: complexe,

laissé à l’abandon,

non oublié. Image,

passer à son côté

et mieux manipuler.

 

voir la loire

pour y rester,

y couler  l’encre.

après l’aphasie;

prêt à dégueuler.

 

jouer au chaos,

les os enfouis.

retrouver l’éclat

pour plus tard.

ne plus croire,

voir l’ailleurs.

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 23:36

Le dévouement ne sert à rien

Il pille nos fondations

Scie les poteaux de confiance

 

« Ne vous inquiétez pas, un petit malaise.

Pourquoi voulez-vous qu’une histoire

morbide se passe dans notre entreprise ?» 

                                                                                   Le patron

 

La confiance est  bafouée et l’équilibre physique

Tombe dans le gouffre du psychique

L’un et l’autre s’absorbant

 

« Ce salarié, qui travaille depuis 7 ans

dans l’entreprise,  aurait tiré à quatre reprises

avant de s’enfuir et de se débarrasser de l’arme »

                                                                                                      La presse

 

Pourquoi attendre

Attendre que les mondes s’inversent

Pourquoi croire

Croire  à la cime qui redresse le bas

 

«  Rentrer chez moi et attendre la police ? »

                                                                                     L’employé

 

    

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:52

je vais me faire sa femme

il décide

Je vais niquer sa seule attraction

il espère

Je vais dissoudre son foyer

il éructe

Je vais flinguer sa descendance

Il dégueule

Je n'ai plus d'autre solution

il se blesse

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 16:33

1

 

  Avant
ça plonge             tout plonge
ses yeux, ses mains, ses reins
                          elle oublie mon pénis

En dedans
Tandis qu'elle glisse un doigt fier
dans sa vulve déjà prise,
il s'efforce en coups secs.
Le souffle court et la haine
lui brûle les joues.
                           elle oublie mon pénis
 
En avant
Les seins lui percent le torse.
Des perles de sueur s'écoulent
entre ses fesses: ces collines de chairs
qu'il griffe du bout des doigts.
                               elle oublie mon pénis


2

 Le rouge jaillit
                                     la violence déborde

Des coups de poings
      sur les corps nus

Pas elle ! il y avait un début

Le rouge s'écoule
Les mains retombent

Pas elle ! l'écriture était tenue

Le corps qui perd sa haine involontaire
et retrouve son goût

Pas elle ! la mort en excès

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 21:45

 

 

1

 

Ligne rouge, l'horizon se tait

 

Les bouts des doigts en sang

Se laissent effleurer par le vent

 

Le vent qui déploie sa force

                                                                       Et n’emportera pas

Le corps immense à la mer

 

Le sang goutte sur le sable

 

                                                               Gémissement plaintif

 

La cible est maintenant loin de l’arme

 

Emulsion noire

Un doigt plonge dans la plaie

 

Tandis que le vacarme marin inonde l’atmosphère

L’homme n’entend rien

Assassin

mourant

 

 

 

 

 

2

 

Courir

                                                      Des pas éparpillés

  Un regard fatigué

 

Souffle accablant

Qui dérègle le corps

 

Courir

  Une pensée en arrière

Comme un lourd boulet noir

Un boulet qui avale les centimètres d’espoir

 

                       Oublier le sang  

                               Oublier les blessures

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